Mérignies n’oublie pas Guy Barbe, mort en 1940 et né d’une histoire d’amour interdite…

Dans le cadre de la commémoration du 8 Mai, la rue du soldat Guy Barbe a été inaugurée à Mérignies. Elle porte le nom de ce Mérignisien à l’histoire et au destin si particuliers…

 

Dimanche dernier devant le ruban tricolore porté par les jeunes du conseil municipal des enfants, Francis Choquet a évoqué la vie de Guy Barbe, l’ami malheureux de son père Rémy Choquet : « Né le 17 décembre 1917 à Mérignies, Guy était le fruit d’un amour partagé par sa maman Isabelle avec un officier allemand caserné au château du Blocus ». Après avoir fréquenté l’école communale des garçons, il travaillait à Attiches où il se rendait à vélo et habitait au lieu-dit du pont Mélanie sur la petite Marque.

104 soldats tués

Fin août 1939, il avait été mobilisé et a perdu la vie à Villy la Ferté, parmi 104 soldats morts en défendant le fort. Guy Barbe était affecté à la défense française de la ligne Maginot faite de fortifications reliées à des réseaux souterrains. L’ouvrage de la Ferté dans les Ardennes en était un des éléments avancés, fait de deux blocs reliés par une galerie avec des coupoles et des cloches abritant des mitrailleuses mais sans artillerie lourde. Après avoir bombardé le fort du 16 au 18 mai 1940, les Allemands réussirent à l’atteindre et asphyxièrent les 104 soldats français piégés à l’intérieur qui avaient résisté héroïquement.

« Guy Barbe, en tenue militaire, fut insulté de Boche et invité à aller les rejoindre sur le front »

 

Francis Choquet a évoqué alors le douloureux souvenir aux yeux de son père « du retour en permission de Guy au début du mois de mai 1940, où avaient quelques amis ils partagèrent un pot au café Squinette rue d’Attiches. Guy Barbe, en tenue militaire, fut insulté de Boche et invité à aller les rejoindre sur le front, par un homme fortement imprégné d’alcool ». Guy resta de marbre avant de quitter la tablée. Ce sera la dernière fois que ses amis le virent vivant.

C’est sur l’emplacement de l’ancien camping les Étangs de la Sablière (rue du Maréchal-Leclerc) que la rue Guy-Barbe a été réalisée pour desservir un lotissement. Créé par Rémy Choquet en 1977, le camping a fermé en 2018. Après le décès de son père en 2015, Francis Choquet avait émis le souhait que la nouvelle rue porte le nom de son ami. Vœu exaucé par la municipalité. L’inauguration aurait même dû avoir lieu en 2020 pour le quatre-vingtième anniversaire de sa mort, mais reportée à cause du Covid.

En 1948 déjà, la commune de Mérignies avait pris en charge les funérailles du caporal Guy Barbe : il est inhumé au cimetière communal aux côtés des autres soldats dont celui de son grand-père Florian Barbe, mort sur le front de la Somme en 1918.